
L’achat de seconde main recule en France : 29 % des consommateurs s’y disent mobilisés en 2026, contre 34 % en 2024, alors que la moyenne européenne grimpe de 31 % à 36 %, selon le Baromètre du Retail Durable 2026 de BearingPoint et Odoxa publié en octobre. Vous cherchez une veste en jean, un sac vintage ou une robe de créateur d’occasion : les annonces sont toujours là, les habitudes aussi. Pourtant, l’élan français se tasse — et pour qui aime chiner, ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle.
En bref
- L’achat de seconde main passe de 34 % à 29 % en France entre 2024 et 2026, quand l’Europe étudiée progresse de 31 % à 36 % — un écart de 7 points.
- Dans la mode, l’achat d’occasion perd 5 points auprès des professionnels (29 %) et 4 points entre particuliers (31 %).
- La confiance dans les actions durables des marques plafonne à 53 % en France, contre 66 % chez nos voisins.
- Pour les clientes des friperies, moins de concurrence sur les pépites et un avantage intact : voir, toucher et essayer avant de payer.
Les chiffres clés du décrochage français
Le Baromètre du Retail Durable, réalisé par BearingPoint avec Odoxa, compare les comportements de 2 010 Français âgés de 18 ans et plus avec ceux de 2 000 répondants en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. L’enquête a été menée en ligne du 17 au 25 juin 2026, et les résultats publiés en octobre 2026.
| Indicateur 2026 | France | Europe étudiée |
|---|---|---|
| Achat de seconde main | 29 % | 36 % |
| Revente de produits | 25 % | 32 % |
| Confiance dans les actions durables des marques | 53 % | 66 % |
| Prêts à payer plus de 10 % de surprime pour un produit durable | 28 % | 41 % |
En France, la part des consommateurs mobilisés par l’achat d’occasion est passée de 34 % en 2024 à 29 % en 2026. Dans les quatre autres pays étudiés, elle a progressé de 31 % à 36 %. L’écart atteint donc 7 points. Sur la revente, la France affiche 25 %, contre 32 % en Europe.
Dans la mode précisément, le recul est net : l’achat d’occasion auprès de professionnels perd 5 points, à 29 %, tandis que l’achat entre particuliers baisse de 4 points, à 31 %.
Un marché arrivé à maturité, pas un désamour
Il serait faux de parler d’effondrement. La seconde main reste une pratique courante : c’est sa progression qui s’est arrêtée. Les Français connaissent déjà les plateformes, les dépôts-ventes et les rayons d’occasion. Ils n’ont plus besoin d’être convaincus par le principe. Ils regardent maintenant la facture, l’état réel du produit et le temps nécessaire pour acheter ou revendre.
Le baromètre indique que 28 % des Français accepteraient de payer une surprime supérieure à 10 % pour un produit durable, contre 41 % des Européens. La différence en dit long : quand le budget se resserre, l’argument environnemental ne suffit plus à justifier un prix supérieur. Chez les ménages gagnant moins de 1 500 € par mois, la surprime moyenne acceptée atteint pourtant 16,5 % : l’occasion reste d’abord un achat malin avant d’être un acte militant.
Pourquoi les Français font-ils moins confiance aux marques ?
La confiance dans les actions durables des marques et distributeurs atteint 53 % en France, contre 66 % chez les voisins européens. Ce recul peut s’expliquer par un décalage entre le discours et l’expérience vécue : une enseigne annonce une reprise mais propose une estimation jugée trop basse, un produit présenté comme vérifié arrive avec une usure mal décrite, des garanties difficiles à comprendre en ligne.
Les analyses de BearingPoint mettent en avant des attentes très concrètes : des garanties lisibles sur l’état des produits, une qualité mieux contrôlée et une reprise plus fluide. Le client ne demande pas un long discours. Il veut savoir ce qu’il achète, combien il économise et ce qui se passe en cas de problème.
La revente professionnelle reste le point faible
La revente à un acteur professionnel ne mobilise que 16 % des consommateurs français, contre 26 % en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Plusieurs irritants reviennent souvent :
- une estimation perçue comme trop basse ;
- des démarches longues ou peu claires ;
- un manque de transparence sur le prix de reprise ;
- l’absence de solution pratique près du domicile.
Côté plateformes entre particuliers, la revente concerne 33 % des Français en 2026, soit 2 points de moins sur un an, contre 38 % chez nos voisins. Le modèle garde ses adeptes, mais il réclame du temps : photographier, rédiger l’annonce, répondre aux messages, négocier quelques euros, préparer le colis, gérer un éventuel litige. Pour une pièce vendue à petit prix, le calcul devient parfois défavorable.
Ce que cela change pour les clientes des friperies
Pour qui aime chiner, le ralentissement n’a pas que des mauvais côtés. La concurrence peut être moins forte sur certaines pièces recherchées : une veste en cuir, une robe bien coupée ou un sac vintage risque moins de disparaître en quelques minutes d’une plateforme saturée. Et les friperies physiques continuent d’ouvrir, à l’image de la friperie vintage Pépites by CrushON ouverte à Paris avec des pièces dès 5 €.
La friperie physique garde un avantage très concret : vous voyez l’état du vêtement. Vous touchez le tissu, vérifiez les coutures et essayez la pièce avant de sortir la carte bancaire. Avant d’acheter, contrôlez toutefois :
- l’état des fermetures, boutons et coutures ;
- la présence éventuelle de taches ou d’odeurs persistantes ;
- la composition et les conditions d’entretien ;
- le prix comparé à celui d’un article neuf équivalent.
Une pièce abîmée vendue presque au prix du neuf ne mérite pas votre attention — sauf si elle se répare à petit prix : pensez au bonus réparation textile et chaussures, qui couvre de 6 à 25 € par réparation en 2026.
À l’approche du Black Friday, le prix reste décisif
Le Black Friday aura lieu le vendredi 27 novembre 2026. Cette période pousse les enseignes à multiplier les promotions, mais l’occasion conserve un avantage simple : elle évite souvent la dépense liée à un produit neuf, sans attendre une remise exceptionnelle.
Pour acheter intelligemment, comparez le prix final, livraison comprise, avec celui d’un article neuf réellement équivalent. Examinez aussi la garantie et les conditions de retour. Une réduction affichée en gros caractères ne suffit pas à créer une bonne affaire ; un vêtement d’occasion en bon état, payé au juste prix, reste le réflexe le plus économe et le plus durable.
Questions fréquentes
Le marché de la seconde main s’effondre-t-il en France ?
Non. L’achat reste répandu, mais sa progression ralentit : le baromètre mesure 29 % de consommateurs mobilisés en France en 2026, contre 36 % en moyenne dans les quatre autres pays étudiés.
Pourquoi les Français ralentissent-ils sur l’occasion ?
Le prix, les frais, les démarches de revente et la confiance pèsent davantage : seuls 53 % des Français font confiance aux actions durables des marques, contre 66 % en Europe. Les garanties sur l’état des produits et la fluidité de la reprise influencent fortement l’expérience.
Est-ce le bon moment pour chiner ?
Oui, surtout en friperie physique : vous vérifiez l’état, essayez les vêtements et repérez des pièces moins disputées. Comparez simplement le prix avec celui du neuf avant d’acheter, surtout à l’approche du Black Friday du 27 novembre 2026.
À retenir
La France décroche sur la seconde main (29 % d’acheteurs mobilisés, contre 36 % en Europe) non par désamour, mais parce que l’expérience ne suit pas : reprises opaques, états mal décrits, confiance en berne à 53 %. Pour les enseignes, le chantier est clair — garanties lisibles, contrôle qualité visible, reprise fluide. Pour vous, c’est plutôt une fenêtre : moins de monde sur les pépites, des friperies qui ouvrent, et un Black Friday le 27 novembre 2026 face auquel l’occasion bien choisie reste imbattable sur le prix comme sur l’impact.
Sources : Baromètre du Retail Durable 2026, BearingPoint avec Odoxa (enquête en ligne du 17 au 25 juin 2026, 2 010 Français de 18 ans et plus et 2 000 répondants en Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Pays-Bas) ; E-commerce Mag, 19 octobre 2026.
